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Présidentielle 2027 : 2 entreprises sur 3 gèlent leurs investissements, mais misent sur la relocalisation en France

  • 83 % des dirigeants considèrent l'instabilité économique et politique comme un état permanent.
  • 65 % reportent ou suspendent des projets en attendant l’élection présidentielle de 2027.  
  • Près de 7 entreprises sur 10 (69 %) déclarent que les crises actuelles les conduisent à relocaliser leurs activités en France.
  • 45 % ne sont pas confiants dans l'avenir politique ET économique de la France.

Alors que le sommet Choose France vient de célébrer l'attractivité du pays auprès des investisseurs étrangers, les dirigeants d’entreprises françaises affichent une réalité plus contrastée. Selon une étude QBE x OpinionWay* menée auprès de 301 décideurs de PME et ETI, plus de 8 dirigeants sur 10 (83 %) considèrent désormais l'instabilité économique et politique comme un état permanent. Face à ce manque de visibilité, ils adoptent une double stratégie : reporter leurs investissements à court terme, tout en sécurisant leur avenir par la relocalisation de leurs activités en France.

Un horizon politique flou qui paralyse les décisions stratégiques

À un an du scrutin présidentiel, l'attentisme prédomine : près de deux tiers des entreprises (65 %) mettent certains de leurs projets en pause dans l'attente de 2027. Ce coup de frein traduit un profond déficit de confiance, puisque près d’un dirigeant sur deux (45 %) cumule une défiance à l'égard de l'avenir politique et économique de la France. 

Ce sentiment d'évoluer à l'aveugle n'est d'ailleurs pas perçu comme une anomalie passagère, mais bien comme un mal structurel. Plus d'une entreprise sur deux (53 %) estime ne pas avoir connu de période de stabilité depuis plus de dix ans, voire n'en avoir jamais connu (20%).

Face à cette fatigue conjoncturelle, les dirigeants envoient un message clair pour le prochain mandat. Avant même les enjeux d'innovation ou de transition énergétique, leurs attentes prioritaires se concentrent sur un retour aux fondamentaux : la réduction de la fiscalité et des charges (33%), suivie par une simplification forte des normes et de l'administration (23%). Un besoin urgent de lisibilité pour pouvoir enfin relancer la machine.

Le repli sur l'Hexagone comme bouclier anti-crise

Face à ce climat incertain, les PME et ETI françaises ne restent pourtant pas inactives. Pour se protéger des chocs géopolitiques et sécuriser leurs chaînes d'approvisionnement, elles sont de plus en plus nombreuses à rapatrier la création de valeur sur le territoire national. Aujourd'hui, près de 7 entreprises sur 10 (69 %) déclarent que les crises actuelles les conduisent à relocaliser tout ou une partie de leurs activités en France. Cette dynamique de protectionnisme pragmatique est particulièrement forte chez les PME, mais reste un peu moins marquée au sein des grandes ETI de plus de 500 salariés (51 %).

Toutefois, cet ancrage territorial demeure conditionné au contexte national. Les résultats de l’élection présidentielle de 2027 pourraient ainsi influencer les choix d’implantation future : deux entreprises sur trois (66%) déclarent que ces résultats pourraient les conduire à envisager une relocalisation de leurs activités (une proportion qui atteint même 80% dans le secteur du commerce).

Une ambivalence que souligne Delphine Leroy, Directrice Générale de QBE France : « Les entreprises françaises n’aiment pas l’instabilité, même si elles font preuve de grandes capacités d’adaptation. Notre étude met en lumière un double mouvement : une forme d’attentisme qui reflète leur prudence puisque la grande échéance politique de l’an prochain pourrait bouleverser leurs projets ; et en même temps un choix fort pour sécuriser leur avenir, à travers la relocalisation de leurs activités. Autrement dit, les entreprises ont conscience des risques, elles veulent avant tout retrouver de la visibilité pour pouvoir se projeter. »

* Étude QBE x OpinionWay réalisée auprès d’un échantillon de 301 décideurs d’entreprises privées de 50 à 4999 salariés du 29 avril au 6 mai 2026. La représentativité de l’échantillon a été assurée par un redressement sur les données de secteurs d’activité et de taille salariale.