A mesure que l’Intelligence Artificielle s’impose dans les entreprises, les cybermenaces évoluent.
D’après la dernière étude Opinium pour QBE, les organisations françaises font face à un double défi : accompagner l’adoption rapide de l’IA, tout en maîtrisant des risques de plus en plus diffus, souvent liés à leur écosystème. En effet, 30 % des entreprises françaises ont déjà subi un incident impliquant l’IA, tandis que 69 % des entreprises touchées disent qu’au moins une attaque est passée par un tiers.
L’IA n’est plus un sujet d’expérimentation : aujourd’hui, 94 % des entreprises l’utilisent ou envisagent de le faire à court terme.
Les espérances sont claires et les logiques, opérationnelles : gagner du temps (50 %), être plus efficace (46 %), et affiner la prise de décision (36 %). Résultat : plus de 8 dirigeants sur 10 anticipent un impact positif dans les 2 prochaines années.
Mais cette adoption rapide repose encore sur des usages souvent dispersés : l’IA s’ajoute aux outils, s’insère dans les processus, se diffuse dans les équipes, sans toujours faire l’objet d’un cadre structuré à l’échelle de l’entreprise.
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2025 |
2026 |
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66 % |
77 % des entreprises |
utilisent l’IA |
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92 % |
94 % des entreprises |
utilisent l’IA ou envisagent de le faire |
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81 % |
86 % des dirigeants |
pensent que l’IA aura un impact positif sur leur entreprise au cours des deux prochaines années |
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50 % |
53 % des entreprises |
ont connu une cyberattaque au cours des 12 derniers mois |
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10 % |
15 % des entreprises |
ont connu une cyberattaque qui a interrompu leurs activités au moins une journée |
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56 % |
69 % des entreprises attaquées |
disent qu’au moins l’une des attaques est passée par un tiers |
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44 % |
55 % des entreprises attaquées |
font état d’une perte de revenus |
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66 % |
71 % des entreprises |
vont augmenter leur budget cybersécurité dans les 12 prochains mois |
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80 % |
80 % des entreprises |
disposent d’un plan de gestion des incidents cyber |
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59 % |
61 % des entreprises |
disposent d’une assurance cyber |
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Sources : Enquêtes Opinium 2025 et 2026 pour QBE Echantillon : 400 entreprises de 100 à 2 000 employés |
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Parmi les entreprises qui utilisent déjà l’IA, les premières tentatives de supervision apparaissent : 44 % contrôlent la qualité des données, 39 % forment leurs équipes, 35 % ont mis en place des politiques internes.
Autrement dit, l’usage progresse vite, mais la structuration, peut-être moins.
Dans le même temps, l’exposition des entreprises aux cyberattaques reste élevée. En effet, au cours des 12 derniers mois, 53 % des entreprises déclarent avoir subi au moins 1 cyberattaque. Parmi elles, 55 % ont fait état d’une perte de revenus.
Tous les incidents ne paralysent pas l’activité, mais 15 % des entreprises déclarent avoir connu un incident qui a causé une interruption d’au moins 1 journée.
Ces attaques ne relèvent plus uniquement des systèmes internes, mais transitent de plus en plus par des acteurs tiers.
Pour 69 % des entreprises touchées, au moins une partie de ces attaques était liée à un fournisseur ou à un prestataire. Un chiffre qui illustre le déplacement progressif du risque, désormais réparti sur l’ensemble de l’écosystème des entreprises, et rendu encore plus difficile à maîtriser à mesure que les usages de l’IA se développent.
Aujourd’hui, 30 % des entreprises déclarent avoir déjà été confrontées à des cyberattaques impliquant l’IA.
Si ces attaques exploitent des technologies de plus en plus sophistiquées, elles s’appuient aussi sur un point de fragilité bien identifié : l’écosystème de partenaires.
« Le risque lié à l’IA ne s’arrête pas aux frontières internes. Les organisations doivent appliquer le même niveau de rigueur et de supervision à l’ensemble de leur écosystème de partenaires, car les failles de la chaîne d’approvisionnement peuvent rapidement devenir des risques pour l’entreprise elle-même », déclare Amanda Maréchal, Directrice Lignes Financières chez QBE France.
Ces attaques prennent des formes variées, mais gagnent en crédibilité et en efficacité : 44 % évoquent des tentatives d’hameçonnage générées ou améliorées par l’IA, 35 % des attaques vocales (clonage de voix), 31 % des logiciels ou du code malveillants, et 29 % des deepfakes ou des attaques automatisées.
Dans ce contexte, les entreprises, dont 66 % se disent préoccupées par les risques liés à l’usage de l’IA par leurs prestataires et fournisseurs, élargissent progressivement leur vigilance. Ainsi, 80 % des entreprises disposent d’un plan de gestion des incidents en cas de cyber attaque, et près de 6 sur 10 ont souscrit une assurance cyber.
Un signal qui traduit une prise de conscience en cours, face à des menaces encore mouvantes et difficiles à anticiper, qui évoluent désormais aussi vite que les technologies qui les alimentent.